Jésus-Christ

Jésus dit Jésus de Nazareth ou Jésus-Christ (grec: Ιησούς Χριστός Iesous Christos) (etc.) est la personne-clef du christianisme ; il est le Messie et le Fils de Dieu, c'est à dire qu'il est considéré par les croyants non seulement comme l'envoyé de Dieu mais encore comme le propre Fils éternel de Dieu, né avant tous les siècles. Les catholiques, les protestants et les orthodoxes le célèbrent religieusement, et même l'adorent. Mais Jésus-Christ a également été intégré aux croyances de certaines sectes ; il est de plus considéré comme un prophète par les musulmans.

Sommaire

Jésus vu par les Chrétiens

Les chrétiens croient que Dieu est un dieu "trinitaire", c'est à dire, un dieu relationnel, qui aime le contact avec sa création. Dans la Bible, nous pouvons lire comment les êtres humains ont perdu leur relation avec Dieu (Genèse 1-3), et de comment Dieu cherche a retrouver un contact avec eux. Il a essayé plein de méthodes - prophètes, visions, rêves, pour renouer cette relation.

Selon la Bible, Dieu a finalement pris la forme d'un être humain, a vécu parmi nous pour nous montrer directement qui est Dieu et quelles sont ses valeurs.

La vie de Jésus et des premiers chrétiens est racontée dans le Nouveau Testament, la deuxième partie de la Bible. Les témoignages de la vie de Jésus se trouvent principalement dans les évangiles, mais il y a aussi des références dans les écrits de Paul - par exemple, la première épître aux Corinthiens.

Jésus de Nazareth est souvent appelé "Jésus Christ". Le mot "Christ" (grec - équivalent de "Messie" en hébreu) veut dire "Oint de Dieu". Les Israélites croyaient que Dieu enverrait quelqu'un pour les libérer et pour commencer le "Royaume de Dieu", une transformation qui ferait que Dieu deviendrait le seul Roi de la Terre, que les péchés serait pardonnés, le Temple restauré, que les Romains serait renvoyés d'Israël. Ils ont appelé cette personne le Messie.

Selon le Nouveau Testament, Jésus était ce Messie, mais ce n'était pas le Messie que les gens autour de lui attendaient. Il était très critique envers les autorités religieuses, ignorait les règles de la Loi quand l'amour le demandait, et passait beaucoup de temps avec les pauvres, les démunis et les rejetés de la société. Il a parlé d'une relation avec Dieu, non par l'intermédiaire des autorités, mais directement.

Finalement, les autorités religieuses en ont eu assez, et ont persuadé les Romains à le faire crucifier. Il est mort sur cette croix et puis enterré. Ca aurait dû être la fin. Un Messie mort n'était pas un Messie du tout, les Romains était toujours là... rien n'avait vraiment changé. Même si Jésus avait fait des miracles, même si plusieurs le croyait le sauveur d'Israël, la crucifixion semblait éliminer toute possibilité d'espoir.

Alors pourquoi est que nous entendons toujours parler de lui? Selon les Evangiles, Jésus est "ressuscité" trois jours plus tard. Ce n'est pas une question de "revenir à la vie", comme dans certaines mythologies, mais pour les Israélites, un jour viendrait, à la fin du temps, quand tous les justes passeraient de l'autre côté de la mort, vers une vie épanouie, transformée et sans fin sur Terre.

La suite de l'histoire commence quand quelques femmes visitent le tombeau et le remarquent vide. Ensuite c'est le chaos généralisé. Beaucoup de gens voient Jésus dans les jours qui suivent. Il semble était pareil, mais aussi différent. Il peut manger, mais aussi apparaître au milieu d'une pièce fermée. Il semble bien qu'il soit "ressuscité".

Bien évidemment, d'un point de vue historique il est difficile de prononcer sur cette suite de l'histoire, et les débats continueront, mais c'est l'explication que nous trouvons dans la Bible. Pour ceux qui croient qu'il est ressuscité, c'est comme un effet de dominos pour leurs croyances. Si Jésus est ressuscité, alors peut-être qu'il n'est pas rejeté par Dieu – un Messie raté – après tout. Les prophètes ont parlé de quelqu'un qui mourrait pour les péchés du monde. Est-ce que la mort de Jésus veut dire que le pardon est maintenant possible ? Et si le Règne de Dieu a vraiment commencé avec Jésus, alors comment est-ce que ce Règne peut s'étendre sur la Terre ? Est-ce que, plus que juste un prophète, Jésus était Dieu lui-même comme il l'a dit ? Et qu'est-ce que cela implique pour notre relation avec Dieu ?

Les premiers Chrétiens – ceux qui ont cru en Jésus – ont conclu « oui » à toutes ces questions. Pour eux, la mort et résurrection rendent possible une relation restaurée avec Dieu, non par des intermédiaires religieuses, mais directement par Jésus. C'était maintenant à eux de faire avancer le règne de Dieu que Jésus a commencé, de voir les gens guéris, pardonnés, restaurés – « aimer Dieu et aimer les autres » comme Jésus l'a dit. Comment vont-ils faire ?

Citations sur Jésus

  • « Jésus-Christ est le centre de tout, et le but vers lequel toutes choses tendent. », Blaise Pascal
  • « Car il y a un seul Dieu et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme qui s'est donné lui-même en rançon pour tous. », Saint Paul - 1 Timothée 2:5-6
  • « Nous avons, par la foi en Jésus-Christ, la liberté de nous approcher de Dieu avec confiance. », Saint Paul - Éphésiens 3:16
  • « Je suis le chemin, la vérité et la vie nul ne vient au père que par moi. », dixit Jésus d'après Jean 14:6.

Résumé de la vie de Jésus

D'après les Évangiles, Jésus est né dans le village de Bethlehem ( Bethléem ). Le recensement des populations vivant sous la coupe romaine ayant été ordonné par un édit de César Auguste, Joseph et Marie, futurs parents de Jésus, furent contraints de rejoindre leur village d'origine. La naissance de Jésus à Bethlehem est crédible car elle accomplit parfaitement la prophétie de Michée, soutiennent plusieurs. D'autres pensent que cette affirmation est surtout symbolique, car Bethlehem, en hébreu la maison du pain, est réputée « ville de David » où le Messie doit naître. Pour certains historiens, Jésus, connu sous le nom de « Jésus le Nazaréen », serait probablement né quelques années avant l'an 1 du calendrier chrétien (et donc, devrait-on dire, « avant Jésus-Christ » !) à Nazareth ( encore que l'existence de cette ville ne soit pas attestée par l' archéologie pour le premier siècle de notre ère ). L'adjectif « nazaréen » entendu comme « homme du village de Nazareth » résulte d'un abus de langage de compilateurs tardifs. « De Nazareth » ou « nazaréthain » se traduit en grec par Nazarethenos, Nazarethanos, ou Nazarethaios et non par Nazarenos, Nazôraios ni même Nazarénos comme on le trouve dans les Évangiles (« nazaréen »). Le « nazaréen » se rapproche plus certainement du nazîr (hébreu : נזיר nazīr, abstinent, ermite ) qui désigne un homme lié à Dieu par une promesse particulière ou de neser (hébreu : נצר ne ṣ er, descendant ; rejeton ).

Les premiers disciples de Jésus furent nommés nazaréens. Le pouvoir romain ne les considérait alors que comme une dissidence juive susceptible de troubler l'ordre public. Un passage des Actes des Apôtres rapporte qu'un certain Tertulle accuse l'apôtre Paul en ces termes (Actes XXIV; 5) :

Nous avons trouvé cet homme, qui est une peste, qui excite des divisions parmi tous les Juifs du monde, qui est chef de la secte des nazaréens.

Le terme a été utilisé par l'empereur Julien l'apostat sur son lit de mort : «  Tu as gagné, Nazaréen!  » (Julien avait essayé de restaurer, après Constantin, le culte des anciens dieux romains).

Représentation de Jésus-Christ selon la doctrine catholique du Cœur sacré de Jésus-Christ
Représentation de Jésus-Christ selon la doctrine catholique du Cœur sacré de Jésus-Christ

Selon les Évangiles de Matthieu et Luc, cette naissance a lieu durant la dernière année du règne de Hérode I er le Grand, soit 4 ans avant l'ère qui porte son nom ( il est cependant précisé dans l'Évangile de Luc que cette naissance a lieu durant un recensement. Le seul connu à cette époque est celui de Quirinius, qui a eu lieu en l' an 7 ), et mort à Jérusalem en l'an 30 ou 33, crucifié sous le mandat du procurateur Ponce Pilate.

Les Évangiles rapportent :

  • la naissance virginale dans le prologue de deux des quatre évangiles (Matthieu et Luc). Ces prologues sont estimés, par une partie des spécialistes, plus tardifs que le reste du texte (mais sans preuve philologique). Egalement, les évangiles mentionnent la correspondance du récit de sa naissance avec plusieurs prophéties de l'Ancien Testament
  • sa transfiguration entre Moïse et Élie (dans l'évangile selon Marc). L'apparition des personnages de Moïse et de Élie est considérée par certains comme hautement symbolique. Moïse est un fondateur de religion et Élie est le prophète le plus aimé du judaïsme. Élie est réputé n'avoir pas connu la mort, être monté aux cieux de son vivant et devoir revenir en même temps que le Messie. Ce fut également, toujours selon l'Ancien Testament, le sort d' Enoch.
  • sa Passion, c'est-à-dire ses souffrances et sa mort sur la croix ( instrument de supplice ) ;
  • sa Résurrection constatée au matin de Pâques  ;
  • son Ascension (c'est-à-dire l'enlèvement de son corps au ciel ).

Les quatre évangélistes font le lien avec quelques passages des prophètes des siècles antérieurs (notamment dans le livre d'Isaïe et les Psaumes) comme annonce de la passion et de la résurrection de Jésus, et de son rôle de Messie.

Les Actes des Apôtres rapportent :

  • la Pentecôte, 50 jours après Pâques, à la suite de laquelle les apôtres commencent la diffusion intensive de son message ;
  • les débuts de l'Église et de son expansion.

Beaucoup de miracles sont aussi attribués à Jésus, essentiellement des guérisons d'aveugles, de sourds et de paralytiques. En outre, plusieurs résurrections lui sont attribuées : celle de l'esclave d'un centurion romain, celle du fils unique d'une veuve de la ville de Naïn, celle de la fille d'un nommé Jaïrus, et celle de Lazare, son ami, frère de Marthe et Marie.

Message de Jésus

Selon certains théologiens, le fond du message des évangiles réside dans :

  • les Béatitudes (selon Matthieu et selon Luc).
  • les deux commandements : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », qui constituent un tout indissociable. Autrement exprimé dans : « En effet, celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne peut pas aimer Dieu qu'il ne voit pas » (Jean VI :20). À noter que ces commandements sont présents dans l'Ancien Testament (Lévitique 19-18: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même"). La loi mosaïque reste un socle indiscutable du discours de Jésus rapporté par les évangiles.
  • l'injonction d'aimer son prochain, fût-il son ennemi.
  • Il prêche l'imminence du Royaume et la nécessité d'une vraie repentance : « Repentez-vous car le royaume des cieux est proche ». (Matthieu IV :17)
  • L'essentiel du message se trouve certainement dans l'Évangile de Luc au chapitre 4 et aux versets 18 à 21 - un message de paix pour une humanité qui souffre non pas seulement physiquement mais surtout spirituellement à cause de sa décision d'exclure Dieu de sa vie, Jésus vient renouer ce lien au travers de ce message extraordinairement rempli d'amour pour chacun.
  • Autre formulation dans l'Évangile selon Jean 3, 16 : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. »

Jésus dans l'Islam

Contrairement aux chrétiens qui considèrent Jésus comme l'incarnation d'une personne divine, l' islam le considère comme un prophète, et comme l'un des plus importants. Il est loué à de multiples reprises dans le Coran. Le Coran précise bien qu'il est né de Marie (Coran II; 87), qu'il est le Messie, que Marie est mère et vierge (Coran III; 45-47 ou XXI; 91). Mais Jésus, selon le Coran, n'est ni Dieu, ni fils de Dieu (Coran V; 17). Jésus ne serait pas mort sur la croix, mais une autre personne a été crucifiée à sa place par erreur (« ce n'était qu'un faux semblant ») (Coran IV; 157), Dieu ayant élevé Jésus vers Lui. Il a confirmé les enseignements de la Torah et il aurait annoncé la venue de Mahomet (Coran LXI; 6) sous le nom de Ahmad. Il serait, selon le Coran, monté vivant auprès de Dieu, c'est lui qui reviendra au moment du jugement dernier (pour lutter contre l'anté-Christ et détruire les croix). Il ne reviendra pas en tant que prophète, mais en tant que musulman.

Le Coran le nomme Îsâ (arabe : عِيسى `īsā), tandis que la Bible en arabe le nomme Yesû`a (arabe : يسوع yasū`a). L'historien traditionaliste Tabarî (839-923) raconte à propos de la crucifixion l'épisode suivant :

Les juifs traînèrent Îsâ à un endroit où ils avaient préparé une croix pour le crucifier, et un grand nombre de juifs se rassemblèrent autour de lui. Ils avaient un chef nommé Yesû`a, qui était également parmi eux. Quand ils voulurent attacher Îsâ à la croix, Dieu l'enleva à leurs regards et donna la forme et l'aspect de Îsâ à Yesû`a, leur chef. […] Quand ils regardèrent, ils virent Josué entièrement ressemblant à Îsâ, et ils le saisirent. Il dit : Je suis Josué. Ils répondirent : Tu mens; tu es Îsâ, tu t'es dérobé à nos regards par la magie ; maintenant la magie est passée et tu es devenu visible. Il protesta en vain qu'il était Josué ; ils le tuèrent et l'attachèrent à la croix.

Quant à Îsâ, Dieu l'éleva, au ciel comme il est dit dans le Coran : «  Ils ne l'ont pas tué et ils ne l'ont pas crucifié, mais ce n'était qu'un faux semblant.  » (Coran IV; 156).

Tabarî ( La Chronique, De Salomon à la chute des Sassanides )

Cette croyance est héritée du docétisme, dénoncé comme une hérésie dès les premiers siècles du christianisme. Les docètes refusent l'idée que Jésus ait pu souffrir, soit parce qu'il n'a que l'apparence d'un corps, soit parce que c'est un autre qui a pris sa place sur la croix.

Dans le Coran, le mot le plus fréquemment utilisé pour désigner les chrétiens est nasârâ (arabe : نَصَارَى na ṣ ārā).

Le nom de Jésus

Jésus est une translittération grecque d'un diminutif araméen de Yehoshuah ou Yeshoua ( hébreu : ישו yešū), traduit également par Josué (hébreu: יהושע yehōšu`a). Le sens du mot est Dieu sauve, Dieu est salut, salut, santé, aisance financière.

Le nom Jésus est souvent utilisé pour désigner Jésus de Nazareth également nommé Jésus-Christ.

Il est attesté comme prénom pour Barabbas 1, le chef de guerre libéré par Ponce Pilate dans le texte de l' Évangile selon Matthieu XXVII :16-17 et comme prénom pour Ben Sirach, l'auteur du Siracide, livre de sagesse de la Bible. Le nom AbIeschwa est aussi attesté et signifie mon père est aisé. (Source BDB-THAYER)

Dans ses textes, Flavius Josèphe cite plusieurs individus nommés Jésus :

  • « Jésus, fils de Sapphas, un des grands-prêtres », gouverneur d' Idumée et également « premier magistrat de Tibériade » ( Guerre des Juifs, Livre II, XX.4 et XXI.3 et livre III)
  • Jésus, un des grands-prêtres ( Guerre des Juifs, Livre VI, II.2) peut-être le même que le prêtre « Jésus, fils de Thebouthi » ( Guerre des Juifs, Livre VI, VIII.3)
  • « Jésus, fils d'Ananias » qui prononce des présages contre Jérusalem ( Guerre des Juifs, Livre VI, V.3)
  • un « Jésus, fils de Josédec, le grand-prêtre » contemporain de Darius ( Antiquités juives, livre XI, III.1)
  • Jésus, fils du grand prêtre Onias, qui hellenisa son nom en Jason, contemporain d' Antiochos Épiphane ( Antiquités juives, livre XII, V.10)

1. La traduction œcuménique de la Bible indique « De nombreux manuscrits omettent le mot Jésus devant Barrabas. »

 

 

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